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Conjoncture: fes pistes pour les sorties de crise Version imprimable Suggérer par mail

L'impact et les perspectives 2009-2010 analysés par le CMC

Le CMC (Centre marocain de conjoncture) organise ce mercredi 15 juillet 2009 à Casablanca un point de presse sur le thème «Les opérateurs économiques, l'impact de la crise et les perspectives de sortie en 2009-2010».

A noter que cette rencontre sera également marquée par la présentation des résultats du sondage d'opinion réalisé en juin 2009 par cet observatoire privé de l'économie marocaine. En fait et bien auparavant, le CMC avait été le premier centre à avoir signalé que le Maroc, malgré un décalage dans le temps, est bel et bien touché par la crise. Transmise par le canal du commerce des biens et services, des investissements, elle révèle la fragilité du tissu économique et particulièrement les limites d'un mode d'industrialisation encore peu créateur de valeur ajoutée (activités traditionnelles comme le textile ou activités volatiles comme l'offshoring). L'économie marocaine reste vulnérable, avaient estimé les membres du comité scientifique du CMC, tout en ayant indiqué, pour la première fois, que sous l'effet aggravant de la crise mondiale, la texture économique nationale connaît une crise de croissance appelée à s'amplifier. Et la générosité du ciel ne peut amortir structurellement le poids des chocs externes. Face à cette nouvelle situation, un changement d'approche, de cadre et d'horizon est nécessaire. L'élaboration d'un pacte national de croissance devient un impératif.

Il donnerait un sens, une finalité à des plans sectoriels éclatés, sans mise en cohérence, avec des logiques différentes, dans des domaines très variés (tourisme, industrie, agriculture, logement). C'est à cette condition qu'une dynamique globale et puissante verra le jour. L'économie marocaine recèle un important potentiel de croissance, le taux d'utilisation des capacités productives ne dépassant pas 60 à 70%. Sa mobilisation effective est possible. Mais elle reste déterminée par une vision intégrée, axée en particulier sur le marché intérieur qui remplit la fonction d'équilibre et de stabilisation de la croissance dans les conjonctures difficiles. Le soutien au pouvoir d'achat, selon un dispositif approprié, jouera le rôle de catalyseur. Surtout si l'on sait qu'à ce niveau, bien des composantes de la demande intérieure commencent par connaître un essoufflement certain. Selon le HCP en effet, celle-ci aurait, certes, continué de soutenir la croissance nationale, au premier semestre 2009. Toutefois, elle se situe à un niveau relativement en dessous des performances réalisées ces dernières années. L'investissement des entreprises a ralenti par rapport à l'année précédente. Les entreprises se trouvent confrontées à des perspectives de demande faibles et une importante sous-utilisation des capacités productives.

Le taux des capacités de production industrielle non-utilisées a crû, au premier trimestre 2009, de 5,2 points, en glissement annuel, dépassant de 3,7 points sa moyenne de longue période. Les importations des biens d'équipement industriel ont fléchi de 1,2%, en variation annuelle, à fin mai 2009, contre une hausse de 21,9% un an auparavant. D'après le HCP, les dépenses de consommation auraient, également, progressé à un rythme inférieur à celui de l'année précédente. Le pouvoir d'achat des ménages a été, en effet, tempéré par le ralentissement des revenus salariaux, suite à la réduction des créations d'emplois rémunérés. Ce sont particulièrement les secteurs de l'industrie et de l'artisanat, où une perte de près de 60.000 emplois, au premier trimestre 2009, a été relevée, qui ont le plus contribué à ce ralentissement. Voilà pourquoi, l'observatoire privé de l'économie marocaine estime que des investissements ciblés doivent être canalisés en vue d'améliorer la compétitivité de l'entreprise. C'est-à-dire réduire les effets pervers d'une augmentation de la demande intérieure qui se traduit souvent par des importations massives. Une démarche qui gagnerait à être relayée en faisant de la région un acteur central dans la mise en œuvre de ce modèle de développement. Les opportunités sont locales. L'efficacité des choix est déterminée par une connaissance concrète des potentialités locales.

Décélération

Selon le HCP, la demande intérieure continuerait, malgré la décélération de son rythme de croissance, de soutenir l'activité économique nationale en 2010. Elle serait confortée par la consolidation de l'investissement brut et de la consommation finale nationale. Ainsi, la demande intérieure en volume augmenterait de 3,1% au lieu de 5,9% en 2009 et 10% en 2007, et sa contribution à la croissance économique nationale de 2010 serait de 3,4 points au lieu de 6,7 points en 2009. L'investissement brut devrait bénéficier de trois facteurs importants en 2010. Il s'agit de la consolidation de l'investissement public, notamment les investissements des entreprises publiques, des administrations et des collectivités locales. On s'attend à une reprise, en 2010, des investissements directs étrangers après deux années de recul. Dans ce sillage, on prévoit l'amélioration progressive de l'investissement privé national, en liaison avec la mise en œuvre des projets issus des stratégies du développement sectoriel.

Source: Le Matin - Le 13/07/09

 

 
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